Épuisement parental . . . quand les comportements de mon enfant deviennent le bulletin de mes compétences parentales

Avant même l’arrivée de notre premier enfant, nous nous projetons dans l’avenir avec des images bien précises de notre vie de famille rêvée. Nous nous promettons de faire mieux que les générations précédentes. Il devient impératif de bien faire nos devoirs et de bien comprendre les étapes du développement de notre enfant et de ses besoins. Toute l’attention est tournée vers cet enfant afin de s’assurer que tout soit parfait, même nous comme parent! C’est notre plus belle réalisation et nous en éprouvons une grande fierté. Toutes les énergies seront déployées et les meilleures habitudes de vie seront adoptées. Le tout sera fait en fonction de nos propres exigences et celles des meilleures pratiques parentales suggérées par les spécialistes.

Comme parent nous chercheront des repères pour s’assurer que nous répondrons bien aux besoins de notre enfant. L’évaluation de l’atteinte de nos objectifs sera :

  • les comportements et les réactions qu’adopteront mon enfant, et
  • l’atteinte de toutes les tâches ménagères misent dans le « to do list » de la journée.

Le sentiment de compétence s’accroit en fonction de la « réussite » de l’atteint ces objectifs. Tout est fait! Pas de crise, pas chicane, pas d’impatience et toutes les tâches ménagères sont faites en bonne et due forme. Si comme parent je « réussis » l’atteinte de ces critères, je suis définitivement un bon parent. L’inverse est aussi vrai. Le sentiment de compétence sera donc directement proportionnel aux exigences de ma perception du « bon » parent. « Être » un bon parent devient l’objectif ultime de la réalisation de soi.

Si l’enfant ne répond pas bien à l’encadrement que je lui offre, cela devient rapidement une source de tension, d’anxiété et de stress. Plus les efforts déployés à mettre en place les moyens prescrits ne donnent pas les résultats attendus, plus le sentiment de compétence diminue. Je redoublerai d’effort pour m’assurer du bien-être et du bonheur de ce petit être. Je peux céder à certains caprices et certains comportements de mon enfant par peur de le brimer ou par la crainte du jugement de la part de l’environnement. Autrement, le prix à payer est la qualité de vie de la famille. Le stress, la fatigue et la culpabilité deviennent alors mon pain quotidien comme parent. À la fois où j’aurais besoin être ailleurs, à la fois où j’aimerais tellement être auprès de mon enfant et vivre une vie de famille harmonieuse. Malgré tous mes efforts et sacrifices, je me retrouve devant la réalité frustrante de me sentir coupable, à bout, épuisé et en manque de ressources. C’est devenu une évidence, c’est impossible et insoutenable de continuer dans ce sens.

Que faire lorsque je me retrouve devant cette réalité ?

Il est impératif de faire le deuil de ce parent parfait et performant dans tout ce qu’il entreprend.

Cela implique d’abord de reprendre le contrôle de sa santé et de sa vie et de briser l’isolement. Il sera important d’aller chercher l’aide nécessaire auprès de professionnels habiletés avec qui il sera possible d’être soutenu dans son rôle de parent et de redéfinir le projet famille.

De rencontrer d’autres parents qui ont un vécu similaire, qui eux aussi ont vécu de tels tourments, est un autre moyen efficace de vous permettre de mieux comprendre ce qui se passe et de savoir que vous n’êtes pas seul face à de telles épreuves. Vous pourrez y trouverez du réconfort et bâtir de nouveaux repères. La rencontre entre parents permet de partager ses émotions et de développer d’autres stratégies pour améliorer notre qualité de vie. Ce réseau de parents permettra de se sentir soutenu dans les défis quotidiens.

 

Avant d’être un parent, il y avait un homme, une femme et un conjoint(e). Il ne faut jamais oublier que c’est grâce à ces autres parties de notre identité que nous avons pu vivre le privilège de devenir parent.

Il faut se rappeler que les « super » parents, ça n’existe pas et que la mère de Caillou est utopique.

Stéphanie Poulin, psychoéducatrice
Les Alternatives Éducatives

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janvier 2, 2018

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