Du repos pour une guerrière, maman à bout de souffle

Maman épuisée qui a besoin de repos

maman épuisée qui a besoin de repos

À force de combattre, n’importe lequel être humain,  maman ou parent finit pas se fatiguer. Une mère, ça ne doit pas être fatiguée. Une mère c’est la force, la détermination, l’amour à l’état pur. Imaginiez un peu lorsqu’une mère se doit en plus composer avec la réalité qu’entrainent les différences d’un enfant particulier.

Au début, il y a le choc de la nouvelle par la suite, les étapes du deuil de « l’enfant parfait », de l’enfant normal. Les batailles sont nombreuses. Je me souviens de m’être créé une armure ou telle une guerrière je me rendais sur le champs de bataille. Bien sûr, j’ai souvent perdu des plumes, mais toujours je me suis relevée.  Il est tellement impensable d’abandonner. Après tout, une mère c’est la force brute. Je ne peux donc pas m’avouer vaincue.

Et puis, les années passent. Sans m’en rendre compte, j’ai combattu de très nombreuses années. À tel point qu’à un certain moment j’ai dû choisir mes batailles. J’ai continué à afficher mon plus beau sourire. J’ai continué d’affirmer qu’en maman invincible que je suis, je gère la situation. Mon corps m’envoie des messages Mais faute d’avoir du temps pour moi, je les ignore. Quelle maman serais-je donc si je laissais l’espace d’un instant mes obligations de côté.

Ma sortie hebdomadaire à l’épicerie ne suffit plus à me ventiler. Je pense au temps que je vais mettre à tout ranger, à ce que je vais cuisiner, aux brassées de lavage que je vais devoir plier. Finalement, mon déguisement de super maman à passer le test. C’est le camouflage parfait. Par contre à l’intérieur, j’ai l’âme cernée jusqu’aux genoux. Fort heureusement encore une semaine a passée sans que personne ne me démasque.

Parfois, le soir, la guerrière rêve de paix. Une paix que j’espère depuis tant d’années. Je rêve d’évasion, de liberté. Je rêve aux endroits où il me serait possible de n’entendre que le silence. Un endroit où personne ne jugerait mon besoin de me retrouver avec moi-même. Un moment où je pourrais me dire : « Oh toi la grande guerrière, repose-toi un peu, tu l’as bien mérité. »

Mais quel est donc mon mérite au fait ? Je ne fais que ce que toutes les bonnes mamans font. Je me demande alors d’où provient cette impression d’étouffement, de fois de liberté. Ce besoin d’endroits exotiques à visiter. J’ai soudainement la crainte de ne jamais pouvoir concrétiser mes rêves faute de temps, faute de moyens car une maman pense à sa famille d’abord et avant tout.

Que donnerai-je pourtant parfois pour ne plus entendre : « Maman, on mange quoi pour souper ? Où sont mes bas ? Il n’y a plus de lait, tu voudrais aller en acheter ?»

J’essaie alors de demeurer optimiste. Une guerrière, ça ne se laisse pas abattre. Je mets mes besoins de côté et j’espère. J’espère que dans quelques années, le combat sera enfin terminé. J’essaie de dire à mon corps et mon esprit « stp ne me laisse pas tomber’’ peine perdue, des batailles il s’en ajoute tous les jours, c’est un éternel recommencement.

Il y a bien sur quelques petites victoires qui viennent apaiser mes combats. Les petites victoires me donnent un petit répit, mais tellement de courte durée. Au fond, je ne suis pas à plaindre. J’ai une belle famille, un travail, un toit sur la tête, de la nourriture. Me sentir étouffée, c’est juste passager. Cette horrible phrase que je suis plus en mesure d’entendre « Ca va passer’’ eh bien non ! Justement, ça ne passe plus. »

Aujourd’hui, je me suis révoltée contre ma routine, mon quotidien, mes tâches. La sécheuse m’a donné le signal que le linge était prêt à être plié. Je n’y suis pas allée. J’ai vu les heures passer pour aller à l’épicerie, je ne m’y suis pas rendue, le lave-vaisselle m’a aussi annoncé qu’il était prêt à être vidé, je ne l’ai pas fait non plus.

Pour une rare fois, je suis sortie prendre l’air. J’ai fermé mes oreilles, j’ai fermé les yeux et j’ai laissé le silence me parler.

Texte : Josée Tremblay

novembre 22, 2017

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