Choc post-traumatique, un parent d’enfant différent peut-il en souffrir?

Dites-moi, un parent peut-il souffrir d’un choc posttraumatique de son enfant ? Si oui, qui vient en aide à ses parents ? Je vous raconte une histoire qui est une petite partie de la mienne.

Mon fils SGT (Syndrome Gilles de la Tourette) avait 10 ans à l’époque. Il a fait une crise violente au camp de répit où il était pour quelques jours. Le camp m’a appelé pour me dire que mon fils était désorganisé et hors de contrôle que je devais immédiatement me rendre sur place. On m’a aussi dit aussi que la police avait été appelée en renfort.

 Je me rendis sur place et l’on me dirigea au sous-sol pour que mon fils ne me voie pas. Je l’entendais hurler à travers le plafond. « Je vais tous vous tuer. » Il criait et frappait partout. Mon cœur de maman voulait se rompre. Les policiers me dirent que s’ils devaient intervenir physiquement avec lui, qu’ils l’apporteraient à l’Éclaircie (un local spécialisé au centre jeunesse pour les enfants en crise).

 J’ai ainsi assisté avec impuissance au «menottage» et au combat entre mon fils et les policiers, le tout ponctuer des cris déchirants de mon fils qui me suppliait de l’aider. Ses cris avaient de l’écho dans mes oreilles et ils se rendaient jusqu’à mon cœur. Je luttais contre moi-même, car je savais qu’il n’y avait pas d’autre solution. Puis, lorsqu’il fut hors de vu, j’ai éclaté en sanglots. En regardant la voiture de police emporter mon fils, la dame du répit me dit : « On ne vous laissera pas tomber, Madame. » Or, moins de deux jours plus tard, ils m’ont annoncé qu’ils ne reprendraient plus mon fils. C’était le cinquième camp de répit qui m’expulsait.

 J’ai suivi les policiers jusqu’à l’Éclaircie. Mon fils était dans une pièce avec des chaises et des bureaux du genre de salle de conférence. Lorsqu’il m’a vu, il était tellement en colère contre moi, du haut de ses 10 ans, qu’il me lança des chaises en métal par la tête, les unes après les autres. Une gardienne du Centre se mit entre moi et mon fils pour me protéger des projectiles, me poussa à l’extérieur de la salle et verrouilla la porte en catastrophe derrière nous.

 Mon fils lançait les tables et les chaises comme si elles n’avaient aucun poids. J’étais terrifié, je tremblais, et j’étais étonné de sa violence. La gardienne demanda de l’aide en urgence par radio. C’est alors que deux grands hommes impressionnants arrivent en courant. Je me dis : « C’est juste un enfant de 10 ans », mais en même temps, je me rendais compte du potentiel de danger qu’il représentait.

 Et puis, tout d’un coup la peur me prit. Et s’ils le frappent, ou lui font du mal ou si mon fils leur fait du mal. Je capotais et mes idées s’emballaient. La dame me demanda de quitter sans dire au revoir à mon fils pour ne pas qu’il explose encore plus. J’ai alors réalisé que je laissais mon bonhomme tout seul toute une nuit avec de purs étrangers et, en plus, il était dans un état lamentable. Je ne bougeais pas, je réfléchissais. Je n’étais pas certaine de vouloir quitter les lieux. La dame insista : « On va s’en occuper Madame, ne vous inquiétez pas. » J’ai finalement quitté les lieux en pleurs et en état de choc. Par la fenêtre, mon fils me vit quitter le centre. Il hurlait.

 « Non ne me laisse pas ici !!!! Maman !!!!!
Maman non !!!! Ne me laisse pas seul.
Je vais être gentil !!! »

 Le cœur en miette j’ai ralenti mon pas, j’ai réfléchi, je me suis retournée et l’ai regardé. Il était à la fenêtre et les deux hommes étaient derrière lui. Ils lui prirent les bras pour le maitriser. Incapable de regarder plus longtemps, je repris la marche vers mon véhicule au plus vite. Là, j’entendis un hurlement indescriptible derrière moi, puis :

 « JE VAIS TOUS VOUS TUER ! »

J’ai embarqué dans mon auto et malgré les deux vitres et la distance, j’entendais encore ses hurlements… Puis derrière mes larmes, je me suis levée la tête et je vu mon fils se frapper la tête si fort contre la vitre que j’ai entendu le bruit jusque dans mon auto.

 « NON, LAISSE-MOI PAS… »

 Bang ! bang ! bang ! Je vis que la vitrine céda presque sous les coups de tête. Je finis par supplier Dieu que les gardes le maitrisent pour qu’il ne brise pas la vitre et qu’il ne soit pas blessé sérieusement. Lorsqu’il a vu les lumières de ma voiture s’allumer, mon fils a réalisé que c’était fini pour lui, qu’il resterait là pour la nuit. Dans une rage folle, il s’est libéré de l’emprise des gardiens. Puis, il a attrapé une chaise et la dernière image que j’ai dans ma tête c’est une chaise dans les airs qui traverse la pièce. Je suis partie en trompe, car je ne voulais surtout pas savoir s’il avait réussi à blesser un gardien. Je me suis rendu hors de vu de mon fils pas très très loin. En proie à tremblements, de sanglots, j’étais incapable de conduire mon véhicule. Après un gros 10 minutes, j’ai enfin réussi à téléphoner mon conjoint. Je lui ai dit que j’étais incapable de conduire et je pleurais tellement qu’il me comprenait à peine. Il me dit : « Mon Dieu c’est qu’est-ce qui s’est passé ? » Incapable de lui raconter, je lui ai dit que j’allais me calmer et revenir à la maison un peu plus tard.

 Après avoir raccroché, les tremblements et les larmes ont repris de plus belle. Incapable de respirer convenablement, je cherchais mon air. Une vraie crise de panique, de choc, d’émotions. Je suis encore incapable de dire à quel point je me sentais mal. Sur le bord de l’évanouissement. Mes mains étaient incontrôlables. J’ai dû prendre un gros 45 minutes avant d’être capable de démarrer mon auto. Je me suis rendu chez moi en pleurant. Couchée en boule dans mon lit, j’ai tellement pleuré que mes yeux étaient enflés. J’étais complètement vidée, au point d’être incapable de marcher. 

Aujourd’hui encore, je demeure incapable de décrire ou de parler de cette histoire sans la revivre, sans la pleurer. Juste d’en parler mon rythme cardiaque augmente. J’ai encore des flashs de temps en temps sans qu’un évènement ne l’ait provoqué et lorsque mon fils fait une crise, j’imagine sans le vouloir que ça va finir très mal.

 Alors je pose la question.
Un parent peut-il être en choc posttraumatique de son enfant ?
Et si oui… qui m’aidera à mettre ça derrière moi ?

Je n’ai eu droit à aucun soutien, psychologue ou IVAC, et n’ayant pas les moyens de me payer une thérapie, je vous demande qui m’aidera à me débarrasser de toutes ces images dans ma tête et qui sont gravés dans mon cœur de mère ?

novembre 9, 2017

  • Bon courage chère dame et je vous souhaite toute l’aide dont vous avez besoin. Étant moi aussi maman d’un enfant différent, je comprends votre douleur et OUI on peut être en crise posttraumatique de notre enfant !

  • ………….Mon fils est aujourd’hui Éducateur Spécialisé !!!

    Il est maintenant père de famille et continu sa médication

    Il est en couple depuis presque 10 ans maintenant

    Appeler dans un centre de crise et faites part de vos besoins à vous et seulement que pour vous pour prendre du répit de temps à autres …

  • Je ne peux que pleurer en lisant votre témoignage. Je me revois quelques années en arrière, ce sont des images et des moments qui resteront gravés à jamais. Qui peut comprendre cela, hormis un parent de Tourette?

  • Allo chère madame , pour en avoir vécu presque autant que vous , oui on vit avec un choc . Le mien rendu à 14 ans aujourd’hui vit dans un cr , un centre de réhabilitation depuis bientôt 4 ans pour le même genre de comportement que le vôtre. Nous avons pas grand soutien en tant que parent . A part d’aller voir un psy dans un clsc près de chez vous , pour pouvoir vous aider un peu . Il existe pas grand chose , l’association du sgt font des rencontres et font des répits pour parent à l’occasion . Peut-être que ça vous aiderait . Moi je suis loin de tout , je vis sur la côte nord et je vais vous dire , faut se remettre sur pied quasiment seule . J’ai fait dépression , je fais beaucoup d’anxiété suite à tout ce que j’ai vu et entendu . Il y a de meilleur jour car je m’accroche et garde espoir pour mon fils qu’un jour peut-être il ira mieux . Gardez courage, faites des activités qui vous changent les idées , entourez vous de gens positif… bonne chance … une maman qui vous comprends bien

  • Ayant vécu solidairement les même choses….on subie veux veux pas de la violence verbale psychologique violence monétaire parfois ça peux même dégénérer en violence physique. …je suis contente que tu aborde c4 sujet car trop souvent on excuse les comportement accause de la maladie….il y a la DPJ pour les enfants….et souvent cest nous qui sont pointe du doigt. … en plus de faire notre maximum pour notre enfant nous devons vivre avec le regard les jugement la condamnation des autres qui nous dise Hey moi jte jure elle marcherais les fesse serrer….hey moi j’y donnerai quelque claque en arrière d’la tête. …MAIS OUI MONSIEURS MADAME AMIES FAMILLE vous feriez mieux que nous mais vous n’avez pas d’enfants qui a cette problématique….la lourdeur de la société parce que nous ne rentrons pas dans le moule. …la fatigue a nous battre afin d’aider notre enfant afin qu’il est tous les outils possible afin de l’aider. . L’émotion que nous avons derrière le mot maman…. ..qui dois gerer une crise interminable avec les .parole blessante c’est mot qui tue….elle.est ou la DPJ des maman et papa elle est où notre aide et notre ressource qui vont au delà d’apprendre à gérer notre enfants qui est la pour nous comprendre et ou dont les ressources pour nous….ma fille qui.. .elle a 19ans j’en est fait des depression burn out mental fatigue chronique mais je ne pouvais pas baissé les bras mon enfants avais besoin de moi alors oui a ta question nous pouvons avoir un choc post traumatique nous somme des etre humain nous ne sommes pas des machine

  • Oh bon Dieu , que ça fait mal! Je suis sous le choc juste en vous lisant. Je voulais arrêter de lire car ça faisait si mal…..
    Je n’ai pas là réponse que probablement vous attendez. Je pourrais vous orienter vers certains ressources. Si vous désirez, envoyez moi un message.

  • J’ai lu avec attention ce que vous vivez et je comprends combien il vous est difficile de traverser une si rude période.
    Je suis psychologue. Je n’ai pas beaucoup de temps mais si vous avez besoin dr parler, je ferai mon possible afin de vous écouter.
    Mon adresse est eliegaralpsy@gmail.com

  • Je réponds oui a votre question. J’ai eu une rechute de post trauma et c’est exactement les symptomes. Je lisais votre histoire et j’avais l’impression de lire un une histoire d’horreur 😢. Je ne sais malheureusement pAs vers qui vous pouvez vous tourner. Moi c’est Le psychologique du CLSC de ma région qui m’a pris en change. Je vous souhaite bonne chance 😔

  • Je ne sais pas d’où vous êtes mais ici vous pouvez toujours demander à voir un psychologue dans un hôpital. Bien sûr il faut passer par un psychiatre mais en expliquant le problème, ils peuvent sur faire eux même la thérapie, soit orienter sur le psychologue de l’hôpital et tout est alors pris en charge par la sécurité sociale.

    Bon courage à vous,

  • Les thérapeutes ont un tarif mais il faut parler avec eux de la difficulté financière lors de la 1ère séance. Il existe un site intéressant car il cible votre recherche en vous posant une série de questions ; il s’agit de starofservice.com Notez ensuite « psychothérapie » et répondez aux questions. Cordialement.

  • Oui, je crois sincèrement qu’on peut souffrir d’un choc post-traumatique de son enfant. Qui peut aider, ça dépend du besoin de chaque personne. J’ai eu la chance de suivre une thérapie et de faire de très belles lectures. Mais ce qui m’a aidé le plus, c’est le temps, le temps, le temps… Ça m’a permis de faire mon deuil de l’enfant normal et surtout de me résilier d’avoir un enfant différent. J’en souffre encore parfois car la plaie ne se cicatrisera jamais complètement et elle s’ouvre à l’occasion. C’est un long processus de cheminement et malheureusement il est rare que les proches puissent comprendre cette souffrance de mère. J’ai souvent sombré mais à chaque fois je me suis relevée pour mon fils car mon amour inconditionnel ne connaît pas de limites. Bonne chance!

  • Bonjour.

    Je suis triste pour vous. Je n’ai pas de réponse à votre question. Mais je comprends votre désarroi.

    Gros câlins.

  • Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.