Un câlin TSA

Calin enfantCeux d’entre vous qui connaissent un peu les gens TSA (autiste de haut niveau, Asperger, TED-NS et autres) savent que ceux-ci n’aiment pas les contacts physiques. En fait, ils ont souvent une très grande bulle et peu de nous y sommes admis. Ils évitent souvent les situations sociales complexes et surtout ne veulent pas être touchés. Mon fils Félix, 18 ans, ne fait pas exception. Voici 3 petites anecdotes sur le sujet.

Je n’en veux pas de tes câlins moi

En visite après plusieurs mois d’absence, un homme de notre famille immédiate arrive à la maison. Dans ce genre d’occasion, il est coutume d’embrasser le visiteur (un câlin) pour lui souhaiter la bienvenue. Ainsi plusieurs s’exécutent. Et puis, vient le tour de Félix. Notre visiteur s’approche, les bras grands ouverts. Félix, sans même le regarder, lève son bras en signe d’arrêt et dit : «  je ne veux pas de câlins, je n’aime pas qu’on me touche. » Pauvre visiteur, il est tout ébranlé. Quand j’en reparle à Félix plus tard ce jour-là, il me dit simplement :

« Je n’aime pas les câlins moi maman, vous le savez. Pouvez-vous simplement respecter ça ? »

Un câlin qui fait mal.

Cet automne, mon Félix vient me soir et me demande un câlin. Abasourdie, j’ai le regard interrogateur. Il me dit s’il vous plait maman. Je m’approche donc et dépose délicatement mes bras autour de son coup. Mes mains sur ces épaules. « Ça fait mal maman, mais continue svp. » JE ne sais plus vraiment quoi faire. Félix m’explique que mes mains sur ces épaules sont comme des milliers de lames qui transpercent sa peau. J’essaie donc de me retirer, mais il me demande de continuer. Et c’est là qu’il se confie :

«  Tu sais maman, moi je veux être papa plus tard. Pour ça, je vais avoir besoin d’une blonde et puis je vais devoir la toucher et elle aussi, alors svp aide-moi à me pratiquer pour que quand viendra le temps, je sois un peu habituer à ce mal ! »

Un câlin rempli d’émotion

C’est le jour de Noël et nous sommes avec mes parents. À peine 8 personnes, un petit groupe. À notre arrivée, chacun se fait la bise se souhaitant Joyeux Noel. Dans notre cercle, chacun sait que Félix lui ne donne pas la bise, alors on lui serre la main. Mon père qui adore son petit-fils s’approche de Félix et ouvre les bras. Celui-ci s’exprime : «  Tu sais grand-papa que je n’aime pas ça les câlins, mais je sais que toi tu aimes ça ! »

« Allez viens ici toi que je te donne un gros câlin ! », dit Félix.

Un gros câlin rempli d’émotion. Mon père et mon fils ont la larme à l’œil. Ils rient et se serrent plus fort l’un contre l’autre. Je suis tout émue et mon regard croise celui de ma mère interrogateur : « Est-ce bien Félix qui donne un câlin à son grand-père ? » Mes vieux, il n’a pas fini de nous étonner ce Félix.

Ces petites anecdotes m’ont permis de comprendre ceci. :

Ce n’est pas parce qu’une personne TSA ne donne pas de câlins qu’elle ne vous apprécie pas ou qu’elle ne vous aime pas. Pour elle, un contact physique c’est agressant, voire même blessant physiquement. Même un contact sur le bras est un touché intime qui les affecte profondément.

Alors si vous avez un ami, un frère, un fils TSA, attendez que celui-ci fasse les premiers pas vers vous. Si vous êtes patient, il vous accueillera dans son cercle. Ce n’est en fait qu’une question de respect !

janvier 19, 2017

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